Doc Radio Rhino

Studio virtuel pour la radio

Une chaîne de bout en bout

La chaîne complète pour la réalisation d'une émission de radio comporte les éléments suivants :

  • entrées analogiques (micros, instruments, sortie mini-jack d'un ordi ou smartphone, etc.)
  • table de mixage analogique
  • interface audio
  • ordinateur
  • logiciel de contrôle des entrées/sorties
  • processeur d'effets
  • logiciel de diffusion

C'est une chaîne assez complexe à maîtriser en intégralité et on peut simplifier le tout pour se faciliter la tâche. Mais si l'on veut maîtriser parfaitement le son qui sera reçu par les auditeurs, il peut être souhaitable de comprendre chaque élément de la chaîne.

On ne se penchera ici que sur la partie numérique du traitement sonore, partant du principe que la captation du son des micros à la table de mixage analogique est acquise.

Conversion analogique-numérique, de la table de mix à l'ordi

Le principe est simple : le son qui sort de la plupart des tables de mixage d'entrée de gamme est analogique. Il ne peut donc pas être traité par un ordinateur, à moins de passer par un petit cable mini-jack entre une sortie stéréo de la table et une entrée micro de l'ordinateur.

Depuis environ 2010, on trouve quand même de plus en plus de tables de mixage avec sortie USB, ce qui est infiniment plus pratique que de rajouter une carte son à son matos, ce qui est un peu encombrant.

Sans table de mix avec sortie numérique, on a besoin d'un convertisseur externe, c'est là le rôle d'une carte son (ou “interface audio”). La carte son, connectée en stéréo à la table de mixage puis en USB à l'ordinateur.

Maintenant, on a de quoi récupérer notre mixage sonore numérique.

Diffuser le son numérique

La suite la plus simple pour diffuser notre émission sera d'utiliser directement le mixage numérique récupéré par l'interface audio pour l'envoyer sur le serveur, qui se chargera de le distribuer aux auditeurs.

Le logiciel le plus simple et léger pour faire ça, c'est Butt. Une documentation interne y est dédiée pour expliquer les différents paramètres. Butt récupère le son de l'interface configurée dans l'onglet audio des paramètres (“Settings”), pour l'envoyer au serveur configuré dans la section serveur de l'onglet principal (“Main”).

Traitement du son entre l'entrée USB et la sortie Butt

Là, ça devient un peu plus complexe. Selon votre système d'exploitation, plusieurs outils peuvent être utilisés. Sous Linux et Mac OS, le logiciel Jack fait parfaitement l'affaire. Ça demande juste de bien configurer les choses au début, mais une fois que c'est fait, ça va mieux. En vrai, Jack est plus un ensemble logiciel qu'une simple application, et comprendre son fonctionnement demande de s'y pencher sérieusement.

Une documentation relativement bien foutue se trouve sur Linux MAO, ici.

Configurer sa première interface audio avec QJackCtl

En tant que tel, Jack n'a pas d'interface graphique. C'est juste un logiciel “serveur” (c-à-d qu'il reçoit et envoie des informations, bien que tout à fait local et non distant comme un serveur internet).

Pour le configurer, le moins effrayant reste d'utiliser son interface graphique par défaut : QJackCtl.

Avant de lancer le serveur Jack via QJackCtl, on va avoir besoin de configurer son matériel dans les “réglages”. La configuration la plus simple sous Linux sera celle-ci :

  • Onglet “Paramètres”
    • Pilote : “alsa”
    • Fréquence d'échantillonnage : celle de votre interface audio (généralement 44100 Hz ou 48000 Hz)
    • Échantillons/période : 512
    • Périodes/tampon : 2 ou 3 (selon les cartes son)
  • Onglet “Avancé” :
    • Préfixe serveur : “jackd”
    • Périphérique de sortie : votre carte son interne ou externe
      • interne pour envoyer de la musique via la prise casque
      • externe si elle accepte d'à la fois envoyer et recevoir du son en USB, ce qui n'est pas toujours le cas sur les tables de mix d'entrée de gamme
    • Périphérique d'entrée : votre carte son externe (pour récupérer le son de la table de mix)

Le reste des paramètres est à laisser par défaut.

Ajouter des effets entre le mixage numérique et Butt

Le processeur d'effet *Calf* est le plus simple à utiliser pour ajouter des effets de base à notre mixage.

On pourra par exemple ajouter :

  • un compresseur, pour réduire la dynamique (écarts de volume) ;
  • un limiteur, pour éviter de saturer en sortie.

Utiliser la sortie casque de l'ordinateur en monitoring

Article complet ici.

Il est vraiment préférable de vérifier la qualité du son qui partira dans butt. Pour ça, il faut déjà que la prise casque de l'ordi ne soit pas utilisée pour diffuser du son dans la table de mix. Ensuite, il faudra configurer Alsa (le logiciel élémentaire qui gère les cartes son) pour ajouter la carte son interne à la carte son sélectionnée dans Jack, grâce à la commande suivante dans un terminal :

alsa_out -dhw:0

La carte son interne apparaîtra maintenant dans l'éditeur de connexions de Jack. On peut donc connecter l'entrée de cette carte son avec le bout de notre chaîne d'effets.